
Les médias nous bombardent sur cette pénurie de main d’œuvre, surtout chez les jeunes travailleurs. Cela frappe tous les secteurs et tous les niveaux des organisations. En y regardant de plus près, les leaders d’affaires auraient avantage à se demander plusieurs choses. Comment se fait-il que les injections massives d’argent en heures supplémentaires, en augmentations et en promotion ne semblent pas donner les résultats escomptés.
Est-ce que ces approches, ces stratégies ont un impact sur le recrutement? Peut-être que quelque chose échappe à plusieurs entrepreneurs ou gestionnaires.
Pourquoi les entrepreneurs font de mauvais choix avec les jeunes travailleurs ?
Peut-être qu’il serait pertinent de voir les choses différemment que la majorité des leaders traditionnels l’a anticipé. Ce qui est souvent mis de côté, c’est que le monde du travail d’aujourd’hui est fait des générations qui sont très différentes. C’est un fait indéniable et on pourrait les résumer en 3 groupes d’âges distincts.
Je vous propose ma vision, des tranches d’histoire, pour les générations.
1- Le premier groupe est issu de l’ère industrielle. Au tournant du dernier siècle, les jobs étaient durs et beaucoup d’employeurs étaient très brutaux. Il n’était pas rare qu’on abusait des employés autant émotionnellement que physiquement. C’étaient des conditions de travail hors du contexte d’aujourd’hui. Les employeurs imposaient de la terreur pour obtenir du rendement. De plus, il n’y avait pas ou très peu de contestation.
Dans ces conditions, les salariés n’avaient aucune sécurité et aucune protection. Les employés pouvaient être remerciés sans préavis à tout moment pour n’importe quel caprice d’un supérieur. Le boss était l’être suprême de l’organisation ayant tous les droits. À cette époque, vous pouviez vous compter chanceux d’avoir du travail.
L’époque du début du siècle dernier et de la Grande Dépression des années 30′.

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Mes grands-parents et mes parents ont connu cette période difficile. Ils ont vécu cette grande dépression. Combien d’histoire ai-je entendu autour de la table durant des soupers de famille? On pourrait se souvenir de cette époque comme celle de « l’époque de la survie ». Le travail était le moyen de s’offrir une subsistance et de pouvoir se procurer le nécessaire pour les besoins de base tel que :
- S’habiller;
- Avoir un toit;
- Et avoir de la nourriture sur la table.
On comprend que tous les membres de la famille devaient « le plus rapidement possible » contribuer à ajouter des capacités à la famille et de l’argent. Aussi, on comprend bien pourquoi, l’éducation passait au second rang.
2- Puis l’âge de l’information, avec l’arrivée du transistor dans les années 1940 (en 1942 jusqu’en 2008, après la récession). La grande majorité de la force des travailleurs se situe dans cette plage, ceux qui ont grandi et se sont développés dans ces années de croissance économique sans pareille. Je suis d’ailleurs de cette époque épique. Nous avons, encore aujourd’hui, une forte influence de cette forme de leadership passé. Cela me concerne particulièrement. Ça a duré près de 60 ans. Le mot le plus juste qui représentait l’objectif de cette génération sur le marché du travail était « prospérité ».
Le goût du mode de vie Nord-américain s’est développé.
Notre pensée est très différente de celle de mes parents qui ont vécu dans des situations proches de la précarité, surtout durant la Seconde Guerre mondiale. Le but de cette génération qui a vu l’information se développer rapidement, était d’augmenter son standard de vie. Ce n’était plus une course pour la survie. Le goût s’est développé de vivre dans les grandes résidences en plus d’avoir une résidence secondaire. Également de conduire de grandes et belles voitures, de prendre des vacances luxueuses aux États-Unis et dans le sud. Pour finir, ces générations voulaient offrir à leurs enfants des établissements d’enseignement à des prix exorbitants. C’était ça la vision du style de vie souhaité.

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3- Mais, les temps ont changé. À présent, c’est l’ère du digital et des réseaux sociaux. L’objectif premier des jeunes travailleurs d’aujourd’hui est radicalement différent des deux générations qui les ont précédées. Leurs grands-parents ont réglé les aspects de la recherche de survie et leurs parents leur ont procuré l’abondance. Ce n’est plus un défi pour eux ; ce qu’ils visent s’apparente à « avoir de la valeur ». Cela correspond à se sentir utile et avoir un impact.
Que recherchent les jeunes travailleurs aujourd’hui ?
Aujourd’hui, ce qui est en lien avec le style de vie, l’enjeu recherché de cette jeune génération est de vivre la vie qu’ils veulent vivre. La jeune génération vise la liberté, servir un but, créer de la valeur pour avoir un impact. Ils veulent de la flexibilité et aussi, et surtout, du plaisir. Ce n’est pas avoir de l’argent ou en avoir pour mieux vivre.
Les générations qui ont précédé les jeunes de l’âge du digital ont créé une société prospère qui donne accès à presque tout facilement. Cela fait des jeunes travailleurs des employés ayant moins de loyauté envers leur travail en comparaison avec leurs prédécesseurs.
Pour les patrons de l’ère de la communication (les boomers(1946-1964), les générations X (1965-1980)), c’est une situation frustrante, même exaspérante. Vous qui appartenez aux générations de l’ère de l’industrie et des communications, avec vos diplômes et votre grande instruction, vous avez fait que cela leur soit possible pour la génération du digital (Millénium et Génération Z).
Les choix différents de la génération du digital (Millénium et Z).
Au moins maintenant, vous savez pourquoi les jeunes de la génération du digital peuvent et font différents choix. Les motivations et les perspectives qui animaient ceux de l’ère de la communication ne correspondent pas aux mêmes valeurs.
Comprenez-vous désormais pourquoi :
- Augmenter les salaires,
- Distribuer des bonis à profusion,
- Promotionner des titres ronflants,
- Créer des incitatifs en lien avec l’argent,
- Offrir des heures supplémentaires comme beaucoup de décideurs le font,
Vous pensez bien faire, mais, ce n’est pas la bonne orientation pour recruter et retenir les jeunes personnes talentueuses, ceux de calibre supérieur. Ce qui avait de l’effet sur vous, ne l’a pas ou que très peu sur les travailleurs d’aujourd’hui.
Nous vivons tous à l’ère du numérique, du digital. Les difficultés d’embauche pour retrouver des personnes talentueuses et compétentes étaient déjà devenues très complexes avant la pandémie. Tout le monde a subi un choc. Plusieurs ont encore des traumatismes dû aux menaces qui se trouvaient partout autour de nous. C’était pour la grande majorité un face-à-face avec leur propre mortalité.
Quelles sont les conséquences du confinement sur l’état d’esprit de plusieurs employés?
Le confinement planétaire nous a obligé à s’arrêter et à prendre une pause forcée dans notre vie normale. Ce fut un moment où simultanément un grand nombre de personnes ont regardé en arrière et ont pris conscience de leur vie, de leur existence. Ce fut le temps de la grande réévaluation des choix de vie.
Maintenant, plusieurs ont réévalué leurs orientations de carrière et ont envisagé de nouvelles priorités. Beaucoup ont clarifié leurs valeurs et repensé leur style de vie. Les travailleurs n’ont pas quitté le marché du travail, mais ils ont redirigé leurs aspirations d’avant (ou pendant) la pandémie. Pour une grande proportion, ils ont reconsidéré là où ils allaient pour réviser là où ils veulent se rendre à partir de maintenant. Surtout, leurs réflexions les ont menés à revoir ce qu’ils ne sont plus prêts à tolérer.
Entrepreneurs et décideurs, soyez aux aguets ! Même ceux qui n’ont pas encore quitté, croyez-moi, l’ont dans la tête ou y ont songé. C’est pour cette raison que j’intitulerai les prochains mois : « Le grand remaniement ». Attention de ne pas être laissé en plan !
J’ai une petite idée des axes qui devraient être envisagés. Dans d’autres articles, à venir, j’élabore des points importants pour assurer une stratégie de recrutement. Ces éléments sauront vous positionner pour propulser votre entreprise au prochain niveau dans l’ère du digital.